Le cloud computing : une menace pour les postes IT ?
S’il y a un concept dont tout le monde parle aujourd’hui dans le secteur des technologies de l’information, c’est bien celui du cloud computing, aussi connu sous le nom d’informatique dématérialisée. À l’heure où nombre de décideurs ont la tête dans les nuages, quantité d’informaticiens s’interrogent sur leur avenir.

Une évolution décisive
En 2005, le célèbre cabinet d’études Gartner prédisait une réduction de 30 % de la taille des départements informatiques des moyennes et grandes entreprises à l’horizon 2010. Cette évolution aurait pour corollaire une diminution du nombre d’emplois liés à la gestion des infrastructures et à l’assistance matérielle et logicielle, sans toutefois entraîner leur totale disparition. On assisterait plutôt à l’émergence de prestataires proposant ces services en externe, en migrant les activités TIC de leurs clients vers le « cloud ».
Évolutivité
La réalité de 2011 contredit ces pronostics. Cette divergence s’explique essentiellement par la frilosité des entreprises et leur réticence, certes compréhensible, à déployer des informations stratégiques sensibles et des applications métier (trop) complexes dans le cloud.
À court et moyen terme, cet obstacle virtuel devrait toutefois disparaître pour un certain nombre d’applications avec la multiplication des témoignages de réussites sur le cloud. Le cloud public a entretemps fait ses preuves sur bien des plans. L’évolutivité, la rentabilité et l’efficacité des infrastructures dématérialisées devraient donc progressivement convaincre les entreprises de faire le grand saut.
Un judicieux compromis
La question clé dans tout cela est de déterminer les implications du phénomène de cloud computing sur le personnel des départements informatiques. En Belgique, l’impact du cloud computing sur les informaticiens n’est pas encore très perceptible. En effet, en dépit des nombreux témoignages positifs, les entreprises préfèrent voir venir.
Si nous devions malgré tout risquer une prévision, ce serait celle-ci : il se pourrait que la demande de développement interne de logiciels diminue et que les personnes anciennement chargées de ce type de tâches soient réaffectées à la personnalisation et au suivi des solutions tournant sur le cloud. Pour ce qui est de l’exploitation de l’infrastructure, des changements pourraient intervenir, même si cette affirmation doit être nuancée. Fidèles à l’adage selon lequel « il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier », rares seront les entreprises à tout miser sur le cloud. La plupart opteront plutôt pour un judicieux compromis, sous la forme d’une infrastructure et d’applications mi-dématérialisées et mi-administrées de manière locale ou centralisée. Dans ce scénario, les fonctions d’assistance technique et fonctionnelle aux utilisateurs finaux resteraient en grande partie en place.
Cloud privé
Malgré l’avènement du cloud, la majorité des fonctions à caractère informatique actuelles subsistent, même si l’accent se déplacera vers d’autres tâches, comme la gestion de la qualité et de projet, et l’optimisation des flux d’information. À cela s’ajoute le fait que les solutions spécifiques, telles que les systèmes de comptabilité, de data warehousing et de logistique conçus sur mesure pour les entreprises, sont tellement complexes et personnalisées qu’une transposition sur le cloud serait utopique.
Les entreprises qui décident de s’aventurer sur le cloud se limiteront donc pour l’essentiel à des solutions standard. Les clouds privés utilisés concilieront les avantages de la dématérialisation et de l’hébergement administré, un nouvel environnement dont la gestion requerra bien évidemment du personnel. Les grandes entreprises créeront leur propre cloud sur des serveurs dédiés, protégés par un pare-feu dédié.
On peut aussi gager qu’en 2011, les entreprises de taille moyenne opéreront elles aussi la transition vers un cloud privé pour répondre à la demande accrue d’un environnement évolutif combiné à une approche traditionnelle et dédiée sur ce segment. Affaire à suivre...
Pascal Dewulf